Notre langue régionale dans l’espace public, sa transmission, sa richesse culturelle

Ci-dessous le texte des interventions faites par Eric Dussart et Patricia Jouve dans le cadre de la réunion publique organisée le 12 février 2026 par la liste « Ollioules Autrement »…

Eric Dussart (4e de la liste) :

Lors de la réunion publique du 21 janvier, j’avais dit que notre liste – si elle était majoritaire à l’issue des prochaines élections municipales – mettrait en place, je cite : « une signalétique bilingue français-provençal pour les noms de rue, les lieux stratégiques, les panneaux informatifs et de direction, tout cela en faisant preuve d’imagination et de pédagogie ». Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous annoncer que, pour mettre en œuvre cette proposition, un grand spécialiste régional de la recherche toponymique a accepté de nous aider bénévolement. Je veux parler de Gérard Tautil, un ancien Ollioulais qui, à l’époque où il vivait à Ollioules, s’est battu contre la bétonisation de notre commune et qui réside aujourd’hui à Signes. Gérard a été professeur de philosophie et d’occitan dans sa forme provençale. Il est l’auteur de nombreux livres et articles dans les domaines linguistiques, culturels, sociétaux et politiques. Il a participé à la Seyne-sur-Mer à la commission municipale de signalétique qui a rétabli l’origine provençale des noms de lieux et de rues. Il contribue aujourd’hui à la recherche toponymique dans le Var, l’Estérel et les Cévennes, recherche à travers laquelle il s’efforce de rendre compte d’une connaissance scientifique en toponymie sur des territoires remarquables trop longtemps malmenés par l’histoire et la cartographie officielles.

Je voudrais aussi vous parler de Patricia Jouve ici présente. Patricia est une grande admiratrice de l’artiste ollioulais Gaston Beltrame. Elle chante dans la chorale du Cercle occitan de la Seyne-sur-Mer. Elle est détentrice d’un agrément de l’Éducation nationale pour animer dans les écoles de la métropole des ateliers d’initiation à la langue provençale. Elle est toulonnaise (et colistière de « Toulon en Commun ») mais elle est aussi très attachée à la ville d’Ollioules. Il y a quelques années, elle a d’ailleurs été membre d’une association culturelle ollioulaise : « Escambis ». Si elle est présente aujourd’hui à cette réunion, c’est parce qu’elle s’est proposée, quand nous serons élu·es à la tête de la mairie, de nous aider bénévolement à mettre en œuvre notre projet concernant la promotion de la langue et de la culture provençales à Ollioules. Patricia, à toi la parole !

Patricia Jouve :

La langue et la culture provençales sont des enjeux patrimoniaux. La langue est d’ailleurs inscrite au patrimoine immatériel de l’humanité. Elle témoigne de la richesse de l’histoire de notre région. On la retrouve dans les noms de lieux, dans le nom des plantes, dans nos modes de vie, nos usages culinaires. Beaucoup de mots qui restent dans notre parler d’aujourd’hui viennent du provençal. La langue régionale nous parle de notre pays, du lieu où nous vivons. La culture provençale se réinvente au fil de générations et de nombreux artistes et écrivains provençaux d’aujourd’hui utilisent de moyens d’expression modernes. La langue vit toujours, elle se parle, s’écrit, se chante. Il existe une presse et une littérature pour la faire vivre, des dictionnaires et une grammaire pour la perfectionner. Ici comme partout en Provence, tout le monde parlait provençal il y a 100 ans encore. Ce n’est pas si loin.

À Ollioules, il y a quelques années, l’association « Escambis » proposait entre autres : un atelier de chants en langue régionale dont je faisais partie, des cours de langue où je venais régulièrement, des balètis, des stages de chants auxquels j’ai participé, des stages de danse, des dimenchadas où des groupes de musique et de chanteurs étaient invités, venant du Piémont, du Béarn… Tant d’échanges riches qui nous ont portés et rappelé nos racines communes. Il serait intéressant que ces activités puissent reprendre, et proposer à Ollioules, des soirées contes, des conférences sur la toponymie des lieux ou sur des faits et évènements ayant marqués la Provence, des concerts de musique ou de chants, des spectacles de danse ou de théâtre, des sorties botaniques, des expositions, etc. Sans oublier une sensibilisation à la langue provençale pour les enfants car la dimension intergénérationnelle est importante. Nous sommes des « passeurs », d’où l’importance de transmettre la langue aux enfants. Le champ des possibles est large ! Je serais prête à vous aider à les mettre en œuvre.

> Propositions du POc pour la promotion du provençal à Ollioules

Une réflexion sur “Notre langue régionale dans l’espace public, sa transmission, sa richesse culturelle

  1. Mercé a Patricia per son travalh de fons, a l’Eric per l’ animacion acanarssida de son site dubert, ai messatges sieus sens ambigüitat e proposicionaus. E mai mercé a d’autrei que pòdi pas totei nomenar e que s’enchautan dau camin bartassier dei eleccions. Coratge, conoissi, ai ja donat.

    Urosament que l’a de monde per dire e faire que la cultura d’òc esta totjorn viva e qu’una autra societat volèm bastir. Dins lo borbolh quotidian, mercadier e mercantil (franglès e pieger!) qu’ es impausat ai generacions nòvas, resclantisse un pauquet lo resson dau prètzfach de cadun. Siguèsse auvit e faire còntrapés ai conformismes de totei menas que nos agarisson encuei. Coma siam un pauc testards mai encara clarvesents, m’ acontarai de dire : CAPITAREM ! Avèm pas la chausida. E fai tirar Marius …

    GT

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