Couper au début de l’été la quasi totalité de la végétation poussant dans le lit d’un cours d’eau ainsi que sur ses rives et ses berges (ripisylve) est une pratique qui a des conséquences négatives dans les domaines suivants :
• Protection de la faune – De nombreux oiseaux, amphibiens, insectes (notamment les libellules) et poissons utilisent cette végétation pour se reproduire, s’abriter ou se nourrir. Une coupe en début d’été peut détruire des nids, des pontes ou des habitats.
• Qualité de l’eau – Les plantes aquatiques filtrent certains polluants, absorbent une partie des nutriments et contribuent à limiter le développement de certaines algues.
• Stabilisation des berges – Les racines des plantes réduisent l’érosion des berges et participent au maintien des sédiments.
• Régulation de la température – La végétation procure de l’ombre, ce qui limite le réchauffement de l’eau, un facteur important pour de nombreuses espèces aquatiques.
Cela dit, il existe des situations où une intervention peut être justifiée :
• si la végétation obstrue l’écoulement de l’eau et augmente le risque d’inondation ;
• si elle gêne un ouvrage (pont, buse, vanne) ;
• si une espèce envahissante menace le fonctionnement du milieu ;
• si des raisons de sécurité l’imposent.
Dans ces cas, un gestionnaire compétent (c’est-à-dire s’appuyant sur les connaissances scientifiques et sur les compétences des professionnels des milieux aquatiques) privilégie généralement une gestion différenciée :
• ne couper qu’une partie de la végétation et laisser des zones refuges ;
• intervenir par secteurs plutôt que sur tout le cours d’eau ;
• choisir, lorsque c’est possible, une période moins sensible pour la faune (souvent la fin de l’été, l’automne ou l’hiver, selon les espèces et les objectifs de gestion).
À Ollioules, les travaux d’entretien de La Reppe sont réalisés par une ou des entreprises qui, apparemment, ne disposent pas des compétences nécessaires à ce type d’intervention. C’est ainsi qu’u début de chaque été on assiste à un arasement presque total de la ripisylve !
De plus, de nombreux déchets issus de la coupe sont abandonnés dans le lit d’étiage (partie de La Reppe qui reste toujours en eau, même pendant les périodes les plus sèches). En se décomposant, ces déchets provoquent un phénomène d’eutrophisation (enrichissement excessif en nutriments entraînant prolifération des algues, baisse de la teneur en oxygène et asphyxie de la vie aquatique).
De longue, malgré les signalements faits notamment par l’AAPPMA (Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique), rien ne bouge du côté de la municipalité. Afin de concilier prévention des risques d’inondation et préservation de la biodiversité, il serait temps qu’elle fasse appel un maître d’œuvre spécialisé et à du personnel formé pour mettre en place des interventions régulières, ciblées et raisonnées !

