La municipalité préfère investir dans des caméras plutôt que dans la présence humaine

Le 30 mars 2026, le conseil municipal d’Ollioules a adopté une délibération lui permettant de demander une subvention au Fonds interministériel de prévention de la délinquance. Cette subvention de 38 500 euros permettra de financer pour moitié l’acquisition de 23 nouvelles caméras dites de « vidéoprotection », la municipalité prenant à sa charge l’autre moitié de la dépense.

Ce vote du conseil municipal est l’occasion pour nous de revenir sur ce que devrait être une politique efficace en matière de prévention de la délinquance…

La « vidéoprotection » : une efficacité limitée

Dans les parkings, les dispositifs de vidéoprotection réduisent le nombre de dégradations et de vols. Par ailleurs, ils sont parfois utiles a posteriori pour les enquêtes (cf. l’identification des auteurs de délits).

En revanche, leur effet est très faible sur les trafics organisés car les acteurs sont organisés et flexibles (changement rapide de lieux, d’horaires et de méthodes). Par ailleurs, lorsqu’un espace est surveillé, une partie de la délinquance se déplace vers des zones moins contrôlées. Dans le cas du trafic de drogue, ce phénomène de « déplacement » est fréquent car il repose sur des réseaux très mobiles.

La présence humaine : une efficacité bien documentée et indispensable pour obtenir des résultats durables

De nombreuses études montrent qu’une caméra ne remplacera jamais la présence sur le terrain d’une solide équipe de travailleurs sociaux. L’intervention éducative de ceux-ci auprès des jeunes est cruciale pour agir sur les causes de la délinquance, créer du lien et dissuader les trafics. Idem concernant la présence d’une police de proximité formée à la notion de prévention. C’est un peu plus cher et un peu plus long à mettre en place mais, à long terme, c’est beaucoup plus efficace !

Les municipalités qui préfèrent investir dans la technologie plutôt que dans l’humain le font :

  • soit par méconnaissance des études évoquées cu-dessus,
  • soit pas par démagogie (car elles savent que les caméras créent un sentiment de sécurité chez une partie de leurs administré·es et que, même si ce sentiment est artificiel, cela peut leur rapporter des voix),
  • soit par choix budgétaire (c’est particulièrement visible à Ollioules où le maire n’hésite pas à dépenser des sommes astronomiques pour financer des projets non prioritaires sur le plan social mais qui, par exemple, a déclaré il y a quelques mois en conseil municipal qu’il confiera la gestion de la Maison des jeunes à l’association dont les tarifs seront les moins chers ; comme si c’était le principal critère !).

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