Outils et ressources pour parler, lire, chanter, écrire, s’informer et communiquer en occitan provençal

L’occitan est une langue parlée dans le tiers sud de la France (des Alpes aux Pyrénées et de l’Atlantique à la Méditerranée en passant par le Massif central) ainsi qu’en Italie (dans les vallées alpines du Piémont et de Ligurie) et en Espagne (dans le Val d’Aran). Comme toutes les langues, l’occitan est composé de différents parlers : le provençal, le nissart, le limousin, l’auvergnat, le gascon, l’aranais, le languedocien, le vivaro-alpin. Il serait difficile de présenter ici l’histoire de l’occitan. En voici néanmoins un bref résumé. L’occitan fait partie de la famille des langues dites « romanes » (comme le latin, l’italien, le corse, le français, le roumain, le castillan et le catalan). Lors de la colonisation romaine du sud de la Gaule, le latin se mélange aux parlers locaux (le ligure et le celte) et se transforme peu à peu en différents parlers  . À partir du Ve siècle, les invasions germaniques n’ont pas beaucoup d’influence sur ces parlers (contrairement à ce qui se passe dans la moitié nord de la France). Dès le XIe siècle, les parlers occitans sont utilisés au quotidien par les habitant·es du tiers sud de la France et de ses régions frontalières. À la même époque, ils sont également employés comme langues administratives et juridiques. À partir du XIIe siècle, une importante production culturelle (théâtre, chant, poésie, littérature romanesque…) voit le jour et les troubadours la diffusent à travers toute l’Europe. Au XIIIe siècle, l’occitan commence à être utilisé comme langue scientifique et pour les échanges commerciaux internationaux. En France, au XVIIIe siècle, l’occitan commence à être entamé par la langue parlée à Paris et dans les classes dominantes de la société. Les « francismes » (emprunts de l’occitan au français) se multiplient. Au XIXe siècle, malgré les politiques linguicides menées par l’État français, l’occitan garde un grand nombre de locuteurs et de locutrices. Mais ces politiques linguicides sont tellement répressives et idéologiquement pernicieuses qu’à partir du milieu du XXe siècle beaucoup de parents cessent de parler occitan à leurs enfants. Sur une histoire plus détaillée de l’occitan, le nombre de ses locuteurs, la distribution géographique et la classification des parlers occitans, voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Occitan. Aujourd’hui, malgré l’intérêt que lui porte une partie de la population et malgré les actions menées pour encourager la transmission de la langue occitane, celle-ci est menacée d’extinction. Une menace qu’il est encore possible d’enrayer en utilisant la langue (voir les outils présentés ci-dessous), en multipliant les initiatives la valorisant et en exigeant de l’Éducation nationale qu’elle prenne le problème à bras le corps.

Liste non exhaustive d’outils et de ressources  :

1) Aquò d’Aquí, un journal bilingue occitan-français

Aquò d’Aquí est un mensuel d’information indépendant dont le but est de promouvoir l’occitan comme véhicule d’information. Littéralement, le titre du journal signifie « Ce qui est d’ici ». Son sens second est « C’est comme je te dis ! ». Les formes dialectales les plus fréquemment utilisées sont celles présentes dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et les deux graphies (« classique » et « mistralienne ») voisinent dans le journal. Certains articles sont en français. Ceux en occitan sont systématiquement dotés d’une clef de compréhension en français (titre, sous-titre, intertitres, légendes des photos…) afin de faciliter la compréhension des lecteurs et lectrices en désir d’apprendre la langue d’oc. Une large part des articles est consacrée à l’actualité régionaliste et un regard est porté particulièrement sur l’éducation. Aquò d’Aquí s’attache également à couvrir des sujets sur l’environnement et l’innovation sociale. Site internet d’Aquò d’Aquí

2) Prouvènço d’aro, un journal rédigé en provençal

Prouvènço d’aro (en français, Provence maintenant) est un mensuel indépendant dont le but est de promouvoir la langue et la culture d’oc. Il est rédigé intégralement en provençal et la graphie utilisée est uniquement la graphie dite « mistralienne ». Pour accéder gratuitement aux archives du journal (de 1996 à l’année dernière), c’est ici. Pour consulter le site internet de l’année en cours, c’est là.

3) Vaquí, un magazine télévisuel en occitan réalisé par France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur

Vaquí est un magazine de découverte du territoire régional (culture, patrimoine, art de vivre…) diffusé sur France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur en provençal, en vivaro-alpin et en nissart. Les émissions peuvent être regardées à la télévision tous les dimanches à 10h40 et, après leur diffusion à la TV, on peut les retrouver sur le site internet de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.

4) « Dites-le en marseillais » : une chronique radio de France Bleu Provence

Le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus décrypte la langue de Marseille (dont biern sûr l’occitan provençal) sous la forme de petites chroniques de deux à trois minutes diffusées du lundi au vendredi à 7h45 sur France Bleu Provence. Du Vieux-Port au quartier nord, de Pagnol à Jul, la langue bouge, inspirée par les communautés de la deuxième ville de France. Après leur diffusion radio, ces chroniques peuvent être réécoutées sur le site internet de France Bleu Provence.

5) Cours et ateliers d’occitan provençal dans le Var

Il existe des ateliers et cours de langue provençale dans plusieurs communes du Var (voir la liste). Voir également le site Provença Tèrra d’Òc (section varoise de l’Institut d’études occitanes)

6) Méthode d’apprentissage du provençal sur internet

La célèbre méthode Parlam provençau – qui a été créée entre autres par Robèrt Lafont et qui a formé des centaines de locuteurs/trices – a été mise en ligne récemment sur YouTube par l’IEO-PACA. Cette méthode datant de 1971, il serait nécessaire d’actualiser les images et de refaire les enregistrements audio mais, en attendant, cette version mise en ligne dans son jus est intéressante.

7) Dictionnaires et manuels d’apprentissage au format papier

Les éditions du CREO-Provença (section régionale de l’Institut d’études occitanes) ont publié un dictionnaire de base français-provençal (ISBN 2-7449-0522-4), un dictionnaire provençal-français (ISBN 2-7449-0464-3), un manuel de grammaire provençale (ISBN 2-7449-0043-5) et un guide pour communiquer en occitan provençal (ISBN 978-2-9530712-8-3), tous ces ouvrages étant rédigés en graphie dite « classique ».

8) Dictionnaires français-occitan et occitan-français en ligne

Réalisé par le Congrès permanent de la langue occitane et rédigé dans la graphie dite « classique », Dicodòc est un multidictionnaire français-occitan (provençal, languedocien, gascon, vivaro-alpin, auvergnat et limousin).  Dicodòc existe aussi pour les téléphones mobiles. L’application est téléchargeable gratuitement sur les boutiques Google Play et App Store.

De son côté, le CREO-Provença (section régionale de l’IEO) dispose sur son site d’un petit dictionnaire en ligne permettant de trouver des mots ou expressions à partir du provençal ou du français.

9) Conjugateurs occitans en ligne

À partir d’un verbe occitan (languedocien, gascon ou provençal), le conjugateur automatique Vèrbòc vous permet de trouver toutes ses conjugaisons (présent, imparfait, prétérit et futur de l’indicatif, présent et imparfait du subjonctif, conditionnel, impératif, gérondif, participe passé) en graphie dite « classique ». Ce conjugateur est disponible sur le même site que Dicodòc.

De son côté, le CREO-Provença (section régionale de l’IEO) dispose sur son site d’un conjugateur en ligne permettant de découvrir la conjugaison des verbes provençaux.

10) Pour taper les caractères spéciaux de l’occitan

Le petit logiciel gratuit Lexibar occitan permet l’accès rapide aux caractères spéciaux de l’occitan (qui ne sont peut-être pas présents sur le clavier de votre ordinateur).

11) Phonétiseur occitan en ligne

Sur la page http://fonetizaire.locongres.com créée par le Congrès permanent de la lenga occitana, vous pouvez transcrire en API (Alphabet phonétique international) des mots, des phrases, des textes copiés-collés et des documents (formats txt ou csv) dans toutes les principales variétés de l’occitan (gascon, languedocien, provençal, auvergnat, limousin et vivaro-alpin).

12) Cartographie en occitan

La commission toponymique de l’Institut d’études occitanes (IEO) a ouvert le projet « Openstreetmap-oc » qui a pour objectif de développer l’usage de la langue occitane dans la cartographie moderne. Son but est de mobiliser tous ceux qui veulent contribuer à la saisie, au maintien et à l’exploitation de toponymes et de points d’intérêt en langue occitane dans la base de données « OpenStreetMap ». Accéder à cette carte : https://ieo-creo-provence.org/carte

13) Wikipèdia, l’enciclopèdia liura que cadun pòt melhorar

Le site oc.wikipedia a pour but de traduire en occitan les articles de Wikipédia (encyclopédie libre et participative). Pour l’instant, 89 156 articles sont disponibles. Ces articles sont rédigés en occitan languedocien mais ils sont parfaitement compréhensibles par les lecteurs/trices habitué·es aux autres variétés de la langue occitane.

14) Transcriptions graphiques de l’occitan (extraits d’un prospectus de l’Institut d’études occitanes)

Comme toutes les langues, l’occitan a élaboré une écriture, et ce depuis plus de mille ans. Une graphie commune à toutes les régions occitanes s’est établie. On la trouve dans tous les types d’écrits. Mais, à partir de 1539, l’ordonnance de Villers-Cotterêts édictée par François 1er impose le français dans l’administration et la justice. On parle alors toujours occitan au quotidien mais la graphie usuelle se perd. Au XIXe siècle, un besoin de normalisation se renforce chez les écrivains. Deux dictionnaires majeurs sont publiés. En 1846, le docteur Honnorat publie le « Dictionnaire provençal-français ou dictionnaire de la langue d’oc ancienne et moderne ». Il y indique que l’orthographe adoptée est étymologique. En 1878, paraît « Lou Tresor dóu Felibrige, dictionnaire provençal-français embrassant les différents dialectes de la langue d’oc moderne », œuvre de Frédéric Mistral. Ce dernier fait le choix d’une graphie phonétique à partir du français. Au XXe siècle, avec la naissance de la linguistique moderne, le système orthographique traditionnel est actualisé par des écrivains et des linguistes ; c’est la graphie classique, diffusée par l’Institut d’études occitanes. En atténuant à l’écrit les particularités phonétiques des dialectes, la graphie classique permet une lecture aisée de chacun d’entre eux. […] De même que parler d’occitan-langue d’oc fait aujourd’hui consensus sur le plan scientifique, la graphie classique est largement majoritaire dans l’espace occitan et à l’étranger, dans la littérature contemporaine et les écrits scientifiques. C’est la graphie classique qu’utilise Lo Congrès permanent de la lenga occitana dans sa communication et dans ses travaux. Cette institution au service de la langue œuvre dans le respect de l’unité, de la diversité et de la représentativité des territoires linguistiques de l’occitan.

> En savoir plus sur les différentes normes graphiques de l’occitan

15) L’Institut d’études occitanes (IEO)

L’Institut d’études occitanes (IEO) est une association 1901 créée en 1945 qui a pour but le maintien et le développement de la langue et la culture occitanes dans son ensemble. L’IEO est reconnu d’utilité publique depuis 1949 et agréé « Jeunesse et Sports » comme association d’éducation populaire depuis 1986. Il fédère un réseau de 37 sections départementales et régionales en France ainsi qu’en Espagne et en Italie. Il est membre du Réseau européen de la diversité linguistique (NPLD), du Comité français du Bureau européen des langues minoritaires moins répandues (EBLUL), de la fédération ELEN (European language equality network) et du collectif « Pour que vivent nos langues ». Site internet de l’IEO : https://ieo-oc.org

En Provence Alpes Côte d’Azur (Provença – País aupenc – País nissard), la section de l’IEO est le Centre régional d’études occitanes (CREO). Site internet : https://ieo-creo-provence.org

16) Le Congrès permanent de la langue occitane

Cette structure est l’organisme interrégional de régulation de la langue occitane. Il rassemble les institutions et les fédérations historiques occitanes et est soutenu par les collectivités et le ministère de la Culture – DGLFLF. Il crée des outils et coordonne des programmes dans le domaine du traitement automatique de la langue (TAL) pour l’occitan. Il propose des services de traduction ou de conseil et mène des actions ayant pour but la socialisation de la langue occitane. Il est l’institution académique de régulation de la langue occitane. Il produit dans ce cadre des ressources et outils de référence à destination du public. Site internet : https://locongres.org/fr

17) Apprendre l’occitan à l’école

> Dans l’académie de Nice
> Dans l’académie d’Aix-Marseille
> École publique bilingue français-provençal de Cuers (Var)

Concernant la situation de l’enseignement bilingue français-occitan, lire l’entretien qu’Aquò d’Aquí a eu en mars 2022 avec la présidente de l’Association des parents d’élèves de l’enseignement bilingue dans le système éducatif public : « Pour les parents d’élèves bilingues, le pire serait l’effondrement nerveux des enseignants »

À propos des difficultés que rencontre l’enseignement des langues régionales au sein de l’Éducation nationale , voici un extrait de l’appel publié en octobre 2019 par le collectif « Pour que vivent nos langues » :

[…] Il n’existe en France aucune volonté réelle, derrière des apparences et des discours convenus, de la part des pouvoirs politiques qui se succèdent à la tête de l’État, de mettre en place de véritables politiques linguistiques efficaces. La situation de l’enseignement, vecteur essentiel de la transmission et de la vitalité de nos langues est emblématique de cette mauvaise volonté. La loi dispose que « les langues et cultures régionales appartenant au patrimoine de la France, leur enseignement est favorisé … ». Nous constatons que non seulement cette loi et les conventions signées par l’État ne sont pas respectées, mais que les différentes formes d’enseignement (optionnelle, bilingue et immersive) sont mises à mal par la politique de l’actuel ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer. Encore plus que celle de ses prédécesseurs, sa politique conduit à accélérer le déclin de nos langues comme le montrent sa récente réforme du baccalauréat, et ses déclarations au Sénat le 21 mai dernier contre l’enseignement par immersion. Les attaques contre l’enseignement de nos langues sont nombreuses. La réforme des enseignements en lycée et de l’organisation du baccalauréat a des conséquences terribles pour toutes les filières de langues régionales, comme le prouvent les remontées de terrain montrant partout une chute dramatique des effectifs d’élèves inscrits en langues régionales. Le discours officiel, ministre et recteurs en tête, présente cette réforme comme une « avancé » qui « conforte » et « valorise » ces langues et leur enseignement. En réalité elle les fragilise et les dévalorise, elle les prive de toute attractivité par la suppression de possibilités, par la mise en concurrence et par le jeu de coefficients ridicules pour la forme d’enseignement la plus répandue. Les chutes d’effectifs atteignent jusque 70% dans certaines classes de lycée ! C’est le règne du double langage qui continue au sein du Ministère de l’Éducation nationale, d’autant plus que les moyens financiers et humains sont toujours aussi insuffisants pour répondre aux besoins, particulièrement sur certains territoires. Nous déplorons le refus de toute nouvelle mesure significative en faveur de nos langues dans la loi « pour une école de la confiance » malgré la nécessité d’élargir l’offre d’enseignement de nos langues et les propositions pertinentes de députés et sénateurs. […] Lire l’intégralité de l’appel

Nota bene pour les enseignant·es : La Fédération des enseignants de langue et de culture d’Oc (FELCO) regroupe les associations régionales d’enseignants d’occitan de l’Éducation nationale, associations ouvertes à toute personne qui travaille à la transmission de la langue et de la culture occitanes de la maternelle à l’université.

18) Apprendre l’occitan dans une Calandreta

Les Calandretas (mot occitan signifiant « petite alouette »), ce sont 70 écoles associatives et laïques implantées dans le Midi de la France. La méthode pratiquée est celle de l’immersion linguistique précoce. L’enseignement dispensé suit les programmes de l’Éducation nationale. La pédagogie y est active, inspirée des techniques Freinet, pour accompagner l’enfant vers l’autonomie, le partage et la citoyenneté. Deux liens parmi d’autres : Calandreta dei Gabians (Marseille) et Calandreta Andrieu Faure (Gap).

19) Chanter en occitan

100 chansons de Provence : ce site permet d’écouter et/ou de télécharger gratuitement des chansons traditionnelles provençales.

Academic : ce site présente une liste de groupes et de chanteurs contemporains utilisant la langue occitane.

La Corde Vocale : ce site répertorie un grand nombre de chorales, de chœurs et d’ensembles vocaux de toute la France (recherche par département, commune, type et/ou répertoire).

Chorales de chants de luttes (liste non exhaustive) : parmi les chorales répertoriées, il y en certaines qui ont dans leur répertoire des chants en langue occitane.

20) Exemples d’artistes et de groupes chantant en occitan provençal

Lo Còr de la Plana : un groupe de polyphonies masculines fondé en 2000 à Marseille dans le quartier de La Plaine, une référence incontournable de la création musicale occitane contemporaine.

Marombrina : un groupe de polyphonies féminines dont l’une des membres anime l’atelier de langue organisée toutes les semaines par le Cercle occitan de La Seyne-sur-Mer.

Liame : un duo corse et provençal formé de Lionel Giacomini et de Liza l’Occitane qui nous chantent la liberté, la découverte de soi et de l’Autre.

Les Cigales engatsées : un groupe de rock-trad provençal librement inspiré des débuts du mouvement punk.

Dupain : un groupe marseillais créé en 2000, mêlant musique traditionnelle (folk, occitane, celtique) et actuelle (rock, électronique).

De la Crau : un groupe marseillais aux influences rock, folk et punk, un trio composé de Thomas Lippens (percussionniste), Manu Reymond (contrebassiste) et Sam Karpienia (chanteur, compositeur, joueur de guitare et ex membre des groupes Kanjar’oc, Gacha Empega et Dupain), une voix aussi rocailleuse que la plaine de la Crau, des textes poétiques aux accents écologistes et anticapitalistes, une musique aux rythmes hypnotiques.

Rodín : rappeur, poète et musicien marseillais dont le travail mêle le hip-hop, l’électro, les chants traditionnels et les arts visuels.

Uèi : un groupe composé de Rodín Kaufmann, Erwan Billon, Guy Sampieri et Denis Sampieri. À son répertoire, signalons notamment la chanson « Ai mamà » réalisée en hommage à Rémi Fraisse, le jeune écologiste tué par une grenade offensive lancée par un gendarme le 26 octobre 2014 à L’Illa d’Albigés (Lisle-sur-Tarn), alors qu’il participait au mouvement de contestation du projet de barrage de Sivens envisagé sur le cours du Tescou (affluent du Tarn).

Misé Babilha : chœur de femmes marseillaises, nées ici ou venues d’ailleurs, qui bavardent, qui blaguent, qui rient, racontent, pleurent, crient ou manifestent.

21) Articles publiés sur le site d’Eric Dussart (militant de l’antenne ollioulaise du POc) sur le thème de la chanson occitane

Libertat : un magnifique chant de lutte dont les paroles ont été publiées pour la première fois en 1892 et dont les historien·nes pensent qu’il fait référence à la « Commune de Marseille », mouvement insurrectionnel, socialiste et fédéraliste réprimé dans le sang le 5 avril 1871.

Mauresca Fracàs Dub : groupe originaire de Montpellier, créé en 1999 et qui chante en occitan, en français ou en espagnol sur des rythmes reggae & ragga influencés par le hip-hop.

Daniel Daumàs : chanteur, écrivain et poète de la vallée du Verdon (Alpes-de-Haute-Provence) qui a fait partie dans les années 1970 de ce qu’on a appelé la « nouvelle chanson occitane ». « Je suis né du rocher et de la terre des restanques, je suis né des sources inespérées » se définit-il lui-même. J’ai la mémoire des pierres et du vent qui s’enrage dans les feuilles des jeunes chênes. Je suis Ulysse enraciné ».

Largada : quand le vent du large chante l’égalité

Petite musique : un groupe varois qui chante en français et en provençal depuis 1999 et qui est composé des frères Psaïla, Cédric & SéBastien.

Massilia Sound System : le son festif et revendicatif de Marseille

Gentrifica : une chanson d’Henri Maquet dénonçant avec humour la gentrification (c’est à dire l’embourgeoisement des quartiers populaires) dont est victime la ville d’Arles.

Moussu T e lei Jovents : un groupe de La Ciotat oscillant entre légèreté, poésie et engagement social.

Casa Grinta : des chansons festives et métissées en français, italien ou occitan, entre rumba, reggae et folk méditerranéen.

La Mal Coiffée : groupe vocal occitan composé de quatre femmes et dont les deux derniers albums expriment un virulent désir de résistance face à toutes les formes de colonisation ou d’oppression.

Joan-Pau Verdier : chanteur occitan et libertaire (1947-2020)

Gaston Beltrame : chanteur occitan et libertaire (1932-1989)

Les Mécanos : un groupe stéphanois dont les voix se mêlent aux tambours et percussions pour chanter en français et en occitan les luttes passées et actuelles.

> Dossier sur les chanteurs de la revendication occitane dans la 2e moitié du XXe siècle

22) Prononciation du provençal maritime à partir des lettres et groupes de lettres utilisés en graphie classique

Avant-propos : L’occitan provençal se prononce avec un accent tonique situé sur l’avant-dernière syllabe. Par conséquent, la dernière syllabe est à peine prononcée.  Parfois, un système d’opposition est utilisé. Ex : « Tu sais » s’écrit « sabes » et se prononce /’sa/bés (accent tonique placé sur la première syllabe) alors que « Vous savez » s’écrit « sabètz » et se prononce /sa/’bés (accent tonique placé sur la dernière syllabe).

Lettres et groupes de lettres par ordre alphabétique :

A – À la fin d’un mot, cette lettre se prononce [ɔ], c’est-à-dire comme le [ɑ] québécois ou comme le « œ » du mot français « œuf », cela de manière très atténuée (on dit que c’est une lettre atone). Ex : Provença (prononcer /prou/’vèn/çœ) = Provence. Au début d’un mot, à l’intérieur ou à la fin quand elle est suivie d’un « t » muet ou d’un « r » muet, elle se prononce « a ». Ex : libertat (prononcer /li/ber/’ta) = liberté. En provençal maritime, le « a » final est muet s’il est précédé d’un « i ». Enfin, notons que dans les chansons le « a » final est souvent très appuyé, voire prononcé comme un « o » (ce phénomène existe aussi en français où le mot « montagne », par exemple, peut être chanté « montagneu » par certains interprètes, voire « montagneuuuu »)

AI – Ce groupe de lettres se prononce comme dans le mot français « ail ». Ex : paire (prononcer /’paï/ré) = père

AN – Ce groupe de lettres ne se prononce pas [ɑ̃] comme en français mais [aⁿ]. Il a une prononciation nasale proche du « ng » du mot « parking » mais sans prononcer le « g ». Ex : pan (prononcer /’paⁿ) = pain

AU – Ce groupe de lettres se prononce [aw] comme dans le mot anglais « cow ». Ex : paure (prononcer /’paw/ré) = pauvre

C – Devant un e ou un i, cette lettre se prononce « s ». Devant les autres lettres, elle se prononce « k ». À la fin d’un mot, elle est muette comme dans le mot « amic »

CH – Ce groupe de lettres se prononce « tch » au début ou à l’intérieur d’un mot. Ex : pichon (prononcer /pit/’chouⁿ) = petit. En fin de mot, il est muet. Ex : lach (prononcer /’la) = lait

E – Cette lettre se prononce « é ». Ex : negre (prononcer /’né/gré) = noir

È – Cette lettre se prononce de façon ouverte comme les mots français s’écrivant avec un « è », « ê » ou « ai ». Ex : tèsta (prononcer /’tès/tœ) = tête

EN – Ce groupe de lettres se prononce « én »

EU – Ce groupe de lettres se prononce [ew]. Ex : soleu (prononcer /sou/’léou) = soleil

ÈU – Ce groupe de lettres se prononce [ɛw]. Ex : drapèu (prononcer /dra/’pèou ») = drapeau

G – Cette lettre se prononce comme en français devant « a », « o » ou « u ». Il se prononce [dj] devant « e » ou « i »

IÁ – Ce groupe se prononce « ié » comme dans le mot français « figuier ». Ex : aviá (prononcer /a/’vié) = il/elle avait

IEN En provençal maritime, ce groupe de lettres est souvent utilisé à la place de ION. Ex : eleccien (prononcer /é/lé/’ciéⁿ) au lieu de eleccion (prononcer /é/lé/’ciouⁿ) = élection

IEU – Ce groupe de lettres se prononce [iew]. Ex : adieu (prononcer /a/’diéou) = salut

IAU Ce groupe de lettres se prononce « ia ou »

IÉU – Ce groupe de lettres se prononce »ié éou »

IÈI Ce groupe de lettres se prononce « i èï »

IN – Ce groupe de lettres ne se prononce pas comme en français mais [iⁿ]. Ex : jardin (prononcer /djar/’diⁿ) = jardin

J – Cette lettre se prononce « dj » comme le prénom anglais « John ». Ex : jove (prononcer /’djou/vé ») = jeune

IÒU Ce groupe de lettres se prononce « io ou »

IÓU Ce groupe de lettres se prononce « iou ou »

LH – Ce groupe de lettres se prononce comme le « ll » mouillé du français. Ex : botelha (prononcer /bou/’té/yœ) = bouteille

NH – Ce groupe de lettres se prononce comme le « gn » du français. Ex : montanha (prononcer /moun/’ta/gnœ) = montagne

O et Ó – Ces lettres se prononcent « ou ». Ex : provençau (prononcer /prou/vén/’çaow) = provençal

ÓU – Ce groupe de lettres se prononce « ou ou »

Ò – Cette lettre se prononce de façon ouverte comme le « ô » français. Ex : aquò (prononcer /a/’kô) = cela. À l’intérieur d’un mot, il se prononce « oua ». Ex : escòla (prononcer /es/’koua/lœ) = école

ON Ce groupe de lettres se prononce « ouⁿ ». Ex : cançon (prononcer /kan/’souⁿ) = chanson

ÒU – Ce groupe se prononce [ɔw]. Ex : sòu (prononcer /’sôo) = sol

R – Cette lettre ne se prononce pas en fin de mot. Ex : cantar (prononcer /kan/’ta) = chanter ; pescador (prononcer/ pés/ka/’dou) = pêcheur professionnel. Ailleurs, elle se prononce comme en français

S – Au début ou à l’intérieur d’un mot, cette lettre se prononce « ç ». Entre deux voyelles, elle se prononce « z ». À la fin d’un mot, le provençal maritime a tendance à la rendre muette

T – Cette lettre ne se prononce pas en fin de mot. Ex : egalitat (prononcer /é/ga/li/’ta) = égalité

U et Ü – Ces lettres se prononcent comme en français. Ex : universitat (prononcer /u/ni/ver/si/’ta ») = université ; reünion (prononcer ré/u/’niouⁿ) = réunion

UN – Ce groupe de lettres se prononce « une ». Ex : degun (prononcer /dé/’gune) = personne

Z – Cette lettre se prononce comme en français. À la fin d’un mot, elle se prononce « s ». Ex : cantatz (prononcer /’kan/tas) = vous chantez ; patz (prononcer /’pas) = paix

Pour conclure, voici le lien d’un article de Wikipédia sur la prononciation des différentes variétés de l’occitan : wiki/Prononciation_de_l’occitan. Et voici également le lien d’un article du Congrès permanent de la lenga occitana qui présente la prononciation de l’occitan en valorisant ce qui est commun aux différents parlers : locongres.org/fr/competences/normes/graphie-phonie/prononciation

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DES PROCHAINES ÉLECTIONS MUNICIPALES :

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